La coupure avec le monde intérieur (suite)

Publié le 2 novembre 2015 dans Articles, Généralités sur le rêve | 0 commentaire

De mon dernier article, sur la coupure avec le monde intérieur, j’étais moyennement satisfaite, et c’est en ouvrant un livre au hasard que j’ai compris ce qui manquait.

J’ai abrégé le retour à la vie intérieure en ne considérant que le passage par les rêves, pour aller plus vite. Alors que d’autres passages existent, que je connais pourtant.

Je vous livre ce que dit Colin Wilson dans son livre : « Les parasites de l’esprit » :

« Quand un homme perd le contact avec son « être intérieur », avec ses profondeurs instinctives, il se trouve pris dans le monde de la conscience, c’est à dire dans le monde des autres.
Un poète sait bien cela ; quand il est là des autres, il se tourne vers des ressources cachées à l’intérieur de lui-même et il sait alors que les autres n’ont aucune importance. 
Il sait que la « vie secrète » qui est en lui est la réalité ; les autres ne sont que des ombres en comparaison. Mais les « ombres » elles-mêmes se cramponnent les unes aux autres. 
« L’homme est un animal social », disait Aristote. C’est la plus grande contre-vérité de l’histoire de l’homme ; car tout homme a plus de points communs avec les collines, ou avec les étoiles, qu’avec les autres hommes.
Un poète est un être plus ou moins unifié ; il n’a pas perdu contact avec ses forces intérieures.
Mais ce sont les autres hommes, les « ombres » qui sont sujets au cancer de l’esprit. Pour eux, la société humaine est la réalité. Ils sont uniquement préoccupés de ses petites valeurs personnelles, de sa mesquinerie, de sa méchanceté, de son égoïsme…. l’homme n’est jamais seul… seriez-vous le dernier homme vivant de tout l’univers que vous ne seriez  jamais seul ». 

Je voudrais cependant ajouter que ce n’est pas parce qu’on exprime sa fibre artistique que l’on est unifié : quand on exprime sa fibre artistique, on est en contact avec le monde intérieur, mais on peut le vivre en dissociation avec le monde extérieur et se sentir malgré tout coupé en deux : j’en connais un exemple flagrant avec Kafka.

Kafka ou la coupure avec le monde intérieur

examiner.com

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Kafka est un écrivain très intellectuel qui écrivait jour et nuit, et surtout nuit : pour échapper à ses rêves, plutôt à ses cauchemars qui le tenaillent, lui montraient à quel point il se coupait de sa vie instinctive. Christiane Riedel a parlé d’un de ses rêves « la torture du géant » dans son dernier livre : « Ces rêves qui vous protègent et vous guérissent ».

Dans ce rêve, Kafka lutte avec ses amis contre un homme, un géant, nu. Ce géant nu représente son côté naturel, instinctif dont il essaye de se débarrasser en le faisant rôtir dans un four : heureusement, il ne peut approcher du four rougi à blanc qu’un seul pied, qu’il maintient là jusqu’à ce qu’il fume, et il recommence de façon monotone jusqu’à se réveiller, plein de sueurs froides et claquant des dents.

Dans sa vie, au lieu d’épouser la femme dynamique à laquelle il était fiancé, mais avec laquelle il n’entretenait qu’une relation platonique et épistolaire, il a préférer rompre afin de ne pas être dérangé pour poursuivre ses travaux intellectuels, ne donnant de l’importance qu’à l’esprit et bridant ses instincts.

Est-ce cela qui lui a fait écrire son terrible roman la Métamorphose , dans lequel le héros se transforme inexorablement en monstrueux insecte ?

sextile.com

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Homme cafard, vidé de ses instincts, insecte froid et répugnant.

L’art ne suffit pas à l’unification intérieure, même si cela y participe.

Nombres de rêves viennent encourager les artistes, les inspirer, leur montrer de nouvelles voies.

Et vous, avez-vous déjà été inspirés par un rêve ? 

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