La coupure avec le monde intérieur

Publié le 29 octobre 2015 dans Articles, Généralités sur le rêve | 0 commentaire

Dans l’article précédent, nous avons vu certaines résistances à l’interprétation de rêve.
Laissez-moi vous présenter une autre résistance à l’interprétation, qui sous-tend la majorité des précédentes, et qui représente une des plaies du monde moderne, car responsable de tant de maux.

Luca_Pierro_05 www.lamauvaiseherbe.net

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La coupure avec le monde intérieur

Nous avons la chance de vivre dans deux mondes à la fois, deux mondes à visiter et habiter grâce à deux modes différents, conscient et inconscient. Qui n’en rêverait pas !

Nous vivons en effet à la fois dans le monde extérieur visible et conscient dans lequel nous pouvons agir concrètement et réfléchir rationnellement et dans le monde intérieur de nos émotions, sensations, intuitions et rêve. Ce monde intérieur est en relation avec l’inconscient, si bien que comme son nom l’indique, il s’agit d’un monde dont nous n’avons pas toujours conscience.

Et pour les St Thomas de la terre, n’existe que ce qui se voit : alors l’inconscient !

Pourtant si St Thomas se prend le jus en bricolant, il va sentir la réalité de l’invisible ! Comme quoi ce qui ne se voit pas peut aussi exister.

Nous ne voyons pas nos émotions, et pourtant elles existent et nous pouvons en constater chaque jour les manifestations : que nous les ressentions à l’intérieur de nous ou que nous les observions chez les autres : quelqu’un pique une crise,  éclate de rire ou fait la grimace.

rire de Funès

Il y a des émotions qui passent inaperçues. Celles que l’on réprime et que l’on cache aux autres : on peut par exemple retenir ses larmes pour ne pas montrer qu’on est touché, parce qu’on pense que cela ne se fait pas en public, par peur de mettre mal à l’aise, ou encore ravaler sa colère.
Et là, on reste malgré tout conscient de ce qu’on éprouve.

Mais à force de ligoter ses émotions, de ne pas les exprimer, de rester impassible et souriant quoiqu’il arrive, on finit par acquérir un automatisme qui fait oublier le nom même de l’émotion éprouvée, et une fois le nom oublié, c’est l’émotion elle-même qui tombe dans les limbes de l’oubli. Ainsi, plus d’émotion, plus de problème !

C’est cela se couper de son monde intérieur : se couper de ses émotions, ne pas reconnaître ce que l’on éprouve, se dire que tout va bien, afficher le masque de la bonne humeur permanente afin de donner le change, se dire qu’on n’a pas de problème.

quizz.biz

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Aussi quand on est coupé de soi, on n’a plus que des réactions apprises, qui sont un masque qui sert à cacher ce qu’on éprouve vraiment. Du coup, on se fabrique un faux soi : on est à côté de ses pompes. Et on a soit des réactions inadaptées, on peut se sentir emprunté, mal à l’aise même sans savoir pourquoi, dévalorisé ou agressif, soit au contraire les réactions sont trop adaptées, comme un automate sans personnalité, qui fait tout comme il faut, cherche à se fondre dans la foule anonyme, et manque de spontanéité, n’ayant comme ambition que de répondre à la norme de son milieu.

pinterest.com

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Mais c’est faux : le monde intérieur existe d’une vie aussi réelle que la vie extérieure. Si on le nie, si l’on n’en prend pas conscience, il peut se produire à l’intérieur de soi une scission, on peut se trouver coupé en deux : d’un côté l’être rationnel qui fait tout comme il faut et dont on est conscient, et de l’autre l’être irrationnel empli d’émotions dont on n’a pas conscience, mais qui peuvent sortir tout d’un coup sans prévenir, simplement parce qu’elles en ont marre de rester enfermer, ont besoin de prendre l’air, marre qu’on ne s’occupe pas d’elles, alors elles prennent les choses en main et vivent une vie autonome, et le résultat peut être spectaculaire : soudain, ce peut peut être la rupture avec la raison, la brusque crise de folie inexpliquée, l’irruption de comportements incontrôlables et inadéquats, ou encore la dépression ou le suicide qui expriment une rupture intérieure, et se retourne contre soi.

J’en avais donné un bon exemple avec le premier rêve que j’ai mis sur le blog : « le fromage bleu« . Où l’on voit que des émotions retenues peuvent soudain jaillir d’elles-même, sans prévenir, menant à la catastrophe.

 Les raisons du rejet du monde intérieur

Le monde intérieur est à l’intérieur, caché au fond de nous : ce qui est caché fait peur, peur de l’ombre, de la nuit, des monstres tapis. L’intérieur est lié au féminin, féminin sacré pour certains, mais pour d’autres, féminin dont on se méfie, que l’on rejette comme source de tous les ennuis, diabolique….. Combien la femme a été dépréciée au cours des siècles, les sorcières liées à l’irrationnel, et dans certains pays, les filles ne sont pas bienvenues. Dans d’autres, on les voile….

sorcière

Tandis que le monde extérieur et rationnel, proche de la logique masculine bénéficie d’une bien meilleure aura.
Ce qui se voit au grand jour est lumineux, sans tache, il n’y a pas d’ombre au tableau, tout est clair, rien n’est caché, on ne peut pas se tromper, être trompé sur la marchandise : l’or qui fait penser au soleil, astre de jour est considéré comme une valeur sûre, tandis que l’argent, lié à la lune, l’astre de la nuit symbole du féminin, change sans arrêt de valeur, il fluctue comme les variations de la lune, l’argent est lunatique !

La solitude

Si l’on se coupe du monde intérieur, une partie de soi manque, on va se sentir seul avec soi-même. On ne sera plus soi m’aime, mais moi je me déteste !

Alors bonjour les soirées en tête à tête : ce sera soirée prise de tête !
Seul avec soi-même on se retrouve face au vide.
Et c’est terrible de n’avoir pour compagnie que le vide. Qu’est-ce qu’on s’ennuie ! Passer toute une soirée avec rien, le vide, l’absence, quel pensum!

Luca_Pierro_monde intérieur

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Au secours ! On fuit, on court dehors, vite prendre l’air, aller se changer les idées, trouver n’importe quelle distraction ou n’importe qui à qui parler, pourvu de ne pas rester seul avec ce vide qui nous aspire au lieu de nous inspirer, ce vide qui n’a rien à nous dire.

Et de courir pour trouver des autres ou un autre soi-même qui comble le vide affreux. Vide insatiable, impossible à combler. Car cet autre qu’on cherche ne se trouve qu’à l’intérieur, et même si on a la chance de rencontrer un autre qui nous ressemble et qui pour un instant comblera le sentiment du vide laissé par notre moitié disparue, le manque réapparaîtra sitôt la personne éloignée trop longtemps. Et ce trop longtemps varie selon l’addiction.

On peut croire se sentir comblé en rencontrant d’autres avec qui on a des affinités, mais cette illusion dure tant que dure la rencontre.
Sitôt l’autre parti, le vide refait son apparition. Il est intéressant alors de noter quelles sont les caractéristiques de ceux qui nous comblent par leur présence : ils possèdent les qualités dont est paré celui en nous auquel nous n’avons pas accès. Et nous aimons retrouver chez l’autre le miroir de l’absent.

Mais si nous ne rencontrons personne porteur de ces caractéristiques, nous nous sentirons seul même avec les autres.
Car la solitude nous appartient. Elle est en nous.
On aura du mal à établir des liens avec les autres. Car n’ayant pas appris à se lier d’amitié avec notre partie absente, on ne saura le faire avec les autres. Si bien que même avec les autres, on se sent seul, et la solitude, surtout si elle est imposée peut vite devenir insupportable, elle peut même faire souffrir physiquement.

En effet le processus est le même que pour les drogués : l’autre devient une drogue, une drogue dure, car il est difficile de guérir de cette maladie, à moins de se tourner vers l’intérieur et accepter de se regarder, de se découvrir.
Est-on si laid qu’on ne mérite pas le détour ?

Comment en sortir

Se tourner vers l’intérieur. Se rendre compte qu’au dedans un monde existe. Faire attention à ses émotions, et à ses rêves.

Est-on coupé du monde intérieur parce que l’on ne s’intéresse pas à ses rêves ou ne s’intéresse-t-on pas à ses rêves parce qu’on est coupé du monde intérieur ? Lequel vient en premier ? On ne sait.

Le retour aux rêves aide à renouer avec ses émotions en permettant d’entrer en contact avec elles et de les intégrer en soi, dans sa vie, alors on n’est plus gêné de se mettre en colère lorsque la situation le demande : on a des réactions adaptées à la situation, même si elles dérangent un certain ordre établi.

memegen.fr

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Alors la vie s’allège, on se sent vivre intérieurement comme en vacances, même si extérieurement la vie ne change pas, mais le bien-être intérieur aide à supporter des conditions, même difficiles.
On peut alors vivre ce que j’expliquais en parlant des bienfaits de l’interprétation de rêves.

Et vous, comment vous sentez-vous avec vous-même ? Vous sentez-vous heureux en votre compagnie ?

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