Le bien et le mal (2) – Les 4 niveaux de conscience

Publié le 30 août 2016 dans Articles, Généralités sur le rêve, Rêves interprétés | 2 Commentaires

Suite à mon dernier article, je voudrais revenir sur cette notion de bien et de mal, en relation avec les rêves. En effet, l’article précédent était comme une introduction à ce que je voudrais mieux développer.

Comme je vous l’expliquais au milieu de l’article, l’être humain passe par 4 niveaux de conscience :

Les 4 niveaux de conscience

  • Premier niveau : c’est l’instinct pur, pas de conscience de l’autre dans la relation. Le passage à l’acte remplace la parole. La souffrance de l’autre est ignorée, et le remords absent.
  • Deuxième niveau : l’être prend conscience de l’existence de l’autre. Il compatit à sa souffrance. Mais se sent tiraillé entre le bien pour prendre soin de l’autre et le mal qu’il n’est pas facile d’abandonner
  • Troisième niveau : si le bien fait du bien, alors ce bien est privilégié et le mal combattu comme source de nuisance dans la relation. Il s’agit du niveau de l’éducation judéo-chrétienne. L’homme édicte des lois pour protéger et faire régner l’ordre. Mais le perfectionniste guette. L’homme veut égaler Dieu dans sa bonté et sa perfection, car l’homme a été créé à l’image de Dieu. Le danger, c’est de perdre le contact avec le corps et les émotions, de n’être plus qu’un mental à la conquête du bien, au risque de perdre ses instincts. L’homme devient manichéen et veut que tout le monde soit comme lui. Il se prend pour une référence. Le danger vient d’un déséquilibre entre le bien extrêmement valorisé et le mal que l’on nie et que l’on cherche à éradiquer :
  • Quatrième niveau : celui de l’unicité, de l’union des contraires, du développement de l’être intérieur, où l’on suit sa propre voie, dans le libre arbitre.
  • b1etre.blogspot.com

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Et c’est au troisième niveau que le rêve intervient avec force chez les européens, qui privilégient la culture du bien, ce que ne font pas les autres nations. Le rêve intervient pour mettre en garde du danger que l’on court à ne chercher que le bien, pour permettre à l’être humain d’intégrer son ombre, de résoudre ses contradictions internes et de passer au dernier niveau, celui de l’unité. Afin de ne pas rester coincé à un niveau qui peut sembler enviable mais qui en réalité emprisonne.

Cultiver le bien à l’excès, vivre dans le droit chemin, amène à privilégier le monde des idées au détriment du corps : il faut faire comme ci et comme ça. Perte de la nature instinctive dont on s’éloigne, tellement on a hâte de devenir quelqu’un de bien, de parfait comme notre père au ciel l’est ! On choisit, on préfère, on a des opinions sur tout. On sait mieux que personne. Mais on ne veut surtout pas se démarquer, mais faire comme les autres qui deviennent une référence : ne pas les blesser, ne pas les brusquer. Ne rien faire de mal.
On ne reconnait plus sa propre négativité : le rêve aide à la reconnaître en soi et l’accepter, l’intégrer.
Il arrive aussi que parfois, plus on tend consciemment vers le positif, plus l’intérieur se révolte en sourdine, et donne naissance aux idées noires, aux obsessions, dépression, angoisse, ou encore le désir de se tourner vers des livres ou des films policiers de plus en plus sombres et effrayants.

Bienvenue aux rêves qui viennent détordre nos fausses idées, nos à priori, nos croyances erronées et nos mauvaises habitudes, mais ceux-là n’ont rien de grands rêves, et sont souvent considérés comme insignifiants, pas intéressant, car quotidien, mais ce sont eux qui viennent nous montrer comment sortir du bourbier, des voies sans issues, de la dèche, du marasme, de tout ce qui entrave notre capacité à être nous-même, dans notre voie, bien dans nos pompes.

Si le message n’est pas compris, le rêve revient inlassablement nous le redire, par des scénarios différents et parfois par un même scénario répétitif, de façon à bien faire entendre le message : les rêves récurrents sont là pour dire qu’il y a quelque chose à comprendre de façon urgente. Le rêve ne laisse pas passer. Il y a là une leçon à apprendre, majeure pour la personne concernée, même si en apparence, cela n’a pas l’air si grave : par exemple, il peut s’agir de l’habitude de toujours sourire même quand on souffre, ou d’éviter les conflits, ou de faire semblant, de prendre sur soi, de toujours pardonner…, etc…etc…

Il ne s’agit bien sûr pas de faire interpréter tous ses rêves, mais s’ils reviennent comme un disque rayé, en faire interpréter au moins un pour savoir de quoi il retourne.
Et en général, faire interpréter un rêve tous les 15 jours est une bonne moyenne qui permet de savoir où l’on en est.

Je laisse la parole à Jung qui dit aux sujet des rêves :

« Jamais je n’ai pu, en dépit de tout le scepticisme et des critiques qui s’agitaient en moi,
me résoudre à ne voir dans les rêves qu’une quantité négligeable.
Quand ils nous paraissent insensés, c’est nous qui sommes insensés,
privés, selon toute apparence, de cette finesse d’esprit nécessaire
pour déchiffrer les messages énigmatiques de notre être nocturne. 

La psychologie médicale devrait d’autant plus se faire un devoir d’exercer sa sagacité
par des travaux systématiques sur les rêves,
que la moitié au moins de notre vie psychique a notre être nocturne pour théâtre;
et de même que la conscience étend ses ramifications jusque dans nos nuits,
l’inconscient aussi émerge dans notre vie diurne.

Personne ne doute de l’importance de la vie consciente et de ses expériences;
pourquoi douter alors de la signification des déroulements inconscients?
Ils sont aussi notre vie;
en eux, elle palpite autant, si ce n’est parfois plus, qu’en notre existence diurne;
et ils sont parfois plus dangereux, parfois plus salutaires que celle-ci ». 

C-G Jung

Et là, voici un rêve qui montre bien comment le rêve agit : il s’agit du rêve de Julie.

Pierre et l’insémination artificielle

Je suis d’abord avec homme très décidé dans un vaste endroit où il y a du monde, mais c’est surtout lui que je vois. Et là, il me dit soudain qu’il va me laisser avec Pierre, et que celui-ci va me faire trois enfants par insémination artificielle. Oh non ! Je ne suis pas d’accord, mais n’arrive rien à dire.
Et Pierre est là, je suis surprise de le trouver si jeune. Il a la tête ovale, les cheveux coupés très ras, souriant, dynamique. Je ne le reconnais pas, mais au lieu de m’étonner du phénomène, je me braque intérieurement en le refusant. Je me dis oui, il est là, mais je ne suis pas obligée de l’accepter.
Mais en réalité, je n’ose rien dire, prise par l’ambiance de ce lieu. Je me dis que je vais bien arriver à me défiler, que les enfants, c’est son truc, car c’est un programme qu’on lui a fait juste pour lui.

lacapside.com

lacapside.com

Ce rêve est un peu long, aussi je ne ferai qu’un résumé de l’interprétation.

L’homme très décidé du début se trouve être la façon dont Julie a soudain déclaré à ses collègues qu’elles devaient la considérer non plus comme une simple collègue administrative, mais aussi comme une femme douée de perceptions intuitives. Mais déclarer cela la laisse avec Pierre.

Pierre est un collègue avec lequel Julie a eu une aventure. Personne ne l’a su, mais devant l’avalanche de critiques qui pleuvent régulièrement sur Pierre, Julie ne s’est plus sentie aussi sûre de son choix : elle a commencé à le considérer elle-aussi comme quelqu’un de pas si bien que ça. Elle s’est mise à le dénigrer, jusqu’au jour où elle a profité d’un changement d’affectation pour rompre sans avoir à faire un choix ou à dire non. Pour elle, ce fut pratique. Mais même dans son rêve, elle n’en veut pas. On voit que dans son rêve aussi, elle ne lui dit pas non, mais se dit qu’elle va réussir à se défiler, ce qu’elle a réellement fait dans la réalité.

Que représente Pierre ? Et bien, Pierre représente la façon dont Julie s’est mise à expliquer à ses collègues ce qu’elle faisait. Dans la réalité, Pierre, pour Julie, est celui qui se fait jeter de partout, qu’on change de service tout au long de sa carrière, que l’on critique, car il ne sait pas s’intégrer.
Et là, après avoir dit à ses collègues ce qu’elle faisait, voilà que l’un d’eux a dit qu’il lui avait poser une question à laquelle elle n’avait pas su ou pas voulu répondre et qu’il avait été obligé d’aller chercher de l’aide ailleurs, sous-entendu que son travail intuitif n’était pas valable. Et là Julie n’a pas su se défendre : elle s’est laissé accuser, alors que l’intuition n’est pas un sens qui se capte sur commande, au détour d’un couloir !

Voilà pourquoi elle n’aime pas Pierre : Pierre est le dynamisme en elle qui se fait critiquer quand elle parle des perceptions intuitives, elle se fait remettre à sa place, parce qu’elle ne sait pas se défendre, argumenter, elle croit qu’elle se fiche de ce qu’on pense d’elle mais elle finit par se dire qu’elle devrait faire autre chose. Là elle n’a à nouveau pas d’écho auprès de ses collègues qui la baladent, la chahutent.

Mais ce que lui dit le rêve, c’est qu’il est prévu qu’il lui fasse trois enfants par insémination artificielle.
Qu’est-ce que l’insémination artificielle : c’est l’introduction de spermatozoïdes sélectionnés comme les plus vigoureux, qui sont introduits dans l’utérus afin de favoriser une grossesse, lorsque les couples ont du mal à avoir des enfants sans être pour autant complètement stériles. C’est une décision que l’on prend, qui demande un protocole de mise en place : c’est différent d’une grossesse naturelle qui peut arriver par hasard : dans l’insémination artificielle, il n’y a pas de hasard, mais une volonté active.

Les spermatozoïdes sont les éléments vivants qui sortent du phallus lors de l’excitation sexuelle, ce sont eux qui conjugués à l’ovule, vont donner naissance à un enfant, c’est à dire que les spermatozoïdes sont des capacités créatrices, les capacités créatrices et battantes de Julie. Mais elles n’ont pas toutes la même vigueur : en effet, parfois Julie a des idées, mais ça ne va pas plus loin. Là il va s’agir de sélectionner les capacités qui sont le plus motivantes pour elle afin de donner naissance à un projet. Et même à trois, puisque trois naissances sont prévues.

Il s’agit donc que Julie cherche quel domaine l’attire le plus pour exercer ses perceptions intuitives : s’agit-il de consultations de voyance classique ? Non, Julie se sent plus attirée par la recherche d’objets et de personnes par exemple. Ou encore le diagnostic de maladies.
Julie doit effectuer cette recherche consciemment et volontairement, activement.

Ce rêve l’a beaucoup perturbée, parce qu’elle a été obligée aussi de changer d’avis sur Pierre : ce n’est pas pour rien qu’il lui a plu. Cet homme possède des qualités indéniables, notamment pour la musique, mais aussi des faiblesses qui le desservent, et notamment il ne cultive pas son don pour la musique, il préfère se laisser vivre, un peu gamin. C’est pourquoi, il lui faut sélectionner les qualités et laisser tomber les faiblesses pour réussir un projet viable.

Ce rêve montre aussi son incroyable ingéniosité : si Julie s’était tournée vers le développement personnel, on lui aurait sans doute conseillé de travailler d’abord sur ses émotions afin d’être moins émotive, et peut-être aurait-elle fait de la PNL et autres techniques censées la faire s’exprimer comme il faut afin de ne plus se faire critiquer pour parler des perceptions intuitives et arrêter de décevoir les gens.

projecteve.com

projecteve.com

On voit bien comme le rêve pousse Julie à trouver sa voie, malgré elle, comme il cherche à lui faire voir les choses comme elles sont, en dehors des préjugés qu’elle a finit par intégrer (elle s’est fait influencer par l’opinion des autres sur lui et aussi sur sa propre valeur : elle se vivait comme non valable, elle cherchait à se détourner de son don, elle préférait ressembler à tout le monde, pour avoir la paix, pour ne pas être jugée différente : pour elle, c’était bien de s’éloigner de Pierre et de son don, tous deux mal vus).

Le rêve ne vise que l’important : qu’un projet démarre pour Julie, qu’elle vive enfin ce qu’elle a à vivre dans ce domaine là sans avoir à subir le monde qui ne la comprend pas.

 

 

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2 Commentaires

  1. Bonjour Aline,

    et merci une fois encore pour vos articles si clairs et parlants.
    Je partage tout à fait votre point de vue et le point de vue des rêves.
    J’ai eu moi-même, et j’ai encore, à évoluer dans ce sens d’accepter de  » faire le mal » pour trouver mon équilibre.
    C’est difficile mais tellement salutaire.

    Au plaisir d’un nouvel article.

    Alice

    • Merci Alice pour votre témoignage. Et « faire le mal » ce n’est pas ébouillanter un chat ou arracher les ailes d’une mouche, mais plutôt exprimer ses limites, quitte à décevoir, frustrer, être mal reçu ou perçu. Ce qui n’est en effet pas facile, mais libérateur et salutaire parfois.

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