Mener l’enquête

Publié le 29 mars 2015 dans Articles, Généralités sur le rêve | 2 Commentaires

Je viens du salon du livre à Lyon : Aux Quais du Polar : tout sur le roman policier.

quais du polar


Et ce qui me frappe, c’est le parallèle que je peux faire entre  l’enquête policière et l’interprétation de rêves, car interpréter un rêve, c’est mener une enquête : pour comprendre à quoi correspondent les images du rêve pour le rêveur, à quoi cela correspond dans la vie du rêveur la veille du rêve : l’interprète mène une enquête serrée.  Vérifie tout ce que lui dit le rêveur, ne laisse rien au hasard.

Non seulement le rêve est une énigme à résoudre, mais une énigme qui tourne souvent autour d’un mal à combattre : le rêve énonce le mal en introduction, l’explicite en développement et le résout en conclusion.
Dans une enquête policière, il y a aussi à la base un mal à combattre qui pose problème, qui demande une résolution, on le pose en introduction, on l’explicite en développement en envisageant toutes les solutions jusqu’à la conclusion finale.

L’enquête policière tout comme le rêve parlent du mal : ils ne se voilent pas la face, ne font pas dans l’angélisme, mais voient le monde tel qu’il est. Et cherchent à comprendre, à expliquer, à résoudre.

détective

C’est la raison pour laquelle beaucoup de gens se ruent sur les polar, pour savoir, pour comprendre la noirceur humaine, trouvent ça palpitant, mais préfèrent ne surtout pas savoir de quoi parlent leurs rêves, par peur d’affronter leur propre face  sombre (leur sale face !), peur de sombrer dans la noirceur de la vie, alors que le rêve en dévoilant les côtés sombres de la psyché humaine, aide le rêveur à intégrer ses aspects qui lui paraissent non conformes, étranges, obsédants, angoissants, repoussants, qui le mettent mal à l’aise, lui font honte.

Il faut savoir que chacun de nous possède des aspects sombres qui, s’ils restent dans l’ombre agissent comme un prédateur qui peut dévitaliser celui qui ne veut voir que ses côtés positifs, rester propre sur lui, et nie le reste, par peur. C’est ainsi que ces aspects que l’on refuse, que l’on nie peuvent nous miner et conduire à la dépression ou à la scission de la personnalité, névrose, psychose, schizophrénie…..

C’est ainsi que ce que l’on refoule en soi est soit projeté sur l’autre, qui devient le bouc émissaire ou l’ennemi à abattre, soit s’incarne vraiment dans un autre dont on devient victime.
Pour donner un exemple : imaginons une femme qui a appris par son éducation que la colère était un vilain défaut et qui jamais n’ose hausser la voix ou se montrer désagréable. Et bien, cette femme peut tout à fait tomber sur un conjoint brutal qui la bouscule et la houspille jusqu’à ce qu’elle se révolte ou tombe en dépression pour incapacité à réagir, et se sente alors victime d’un persécuteur, alors que si elle apprenait à exprimer toute la gamme de ses émotions, la situation se résoudrait d’elle-même : soit elle partirait sans état d’âme, soit le conjoint, ne sentant soudain plus le besoin d’incarner cet aspect désagréable, changerait, rétablissant l’équilibre du couple. Cette femme pourrait même s’entendre dire : « Comme tu es belle quand tu te mets en colère ! »

colère de Daisy

Eclairer ses parties sombres est le meilleur moyen de résoudre les difficultés qui encombrent la psyché. A ce niveau là, le rêve opère un nettoyage puissant, à condition que l’on accepte d’être ainsi éclairé.

Car le rêve voit les choses telles qu’elles sont, il ne se voile pas la face, mais dénonce le mal là où il est, en le montrant, l’expliquant, et disant comment faire pour l’éradiquer.

C’est ce que nous enseigne l’interprétation de rêves.

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2 Commentaires

  1. J’adore le parallèle que tu poses entre l’enquête policière et le rêve interprété. C’est pourquoi le rôle de l’enquêteur ou de l’interpréteur de rêves doit être extérieur à nous-même pour ne pas fausser l’interprétation. J’aime quand tu écris  » Rien n’est laissé au hasard ». Tu creuses et tu reviens par ton questionnement subtile au point douloureux qu’a enfoui la personne au fond d’elle-même. L’échange que j’ai eu avec toi pour l’interprétation de mon rêve, m’a beaucoup aidé. Ce n’est pas facile comme rôle, car tu pointes ce qui est douloureux de voir en face.

    • Oui, à ce sujet, Jung regrettait de n’avoir pas un autre Jung pour interpréter ses rêves ! car avec soi-même il est plus difficile de prendre la distance nécessaire et objective pour interpréter, car le rêve vient nous chercher dans ce dont nous n’avons pas conscience, dans ce point aveugle, comme tu le dis si bien, ce point sensible et douloureux enfoui au fond de soi. Ce n’est pas facile comme rôle car beaucoup de gens craignent que leurs zones d’ombre soient éclairées, car ils se demandent ce qu’ils vont découvrir. Mais on ne découvre que ce qu’on est : notre nature humaine, avec toutes ses facettes, et c’est ainsi : il y a juste besoin de simplicité et d’humilité pour s’ouvrir à ce que disent les rêves. Et c’est un cadeau, un soulagement de prendre conscience. Mais ce qui rend le rôle facile, c’est l’amour des rêves, et le fait que le rêveur soit dans cette simplicité et cette humilité, comme tu l’as été.

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