Pâques et l’île de Pâques

Nous voici à Pâques : je vais vous parler de cette grande fête chrétienne à travers le rêve de Benoît, reçu il y a quelques jours. Le rêve se passe sur l’île de Pâques. Ce rêve montre comment, en l’homme, peut se vivre la Résurrection. Ou plutôt comment on peut passer à côté lorsqu’on oublie le lien à la divinité en soi et que l’on doute.

Voici son rêve : L’île de Pâques

Je suis sur une des îles de Pâques : je le sais car il y a là une statue spécifique, seulement une. Tout autour, l’Océan Pacifique infini, d’un bleu ensoleillé somptueux, d’une infinie beauté, d’une puissance déstabilisante me donne le tournis, le vertige. L’horizon de l’Océan ondule.
Quelqu’un marche avec moi, à une certaine distance, consulte un livre, sceptique sur le fait d’être vraiment sur l’île de Pâques, et sur le fait qu’il n’y ait qu’une seule statue, où sont les autres ? 
Je m’envole et prends de la distance, survole l’Océan. Je découvre beaucoup de gens sur les falaises, tournés vers l’Océan. Des Samoas ou Maoris, très peu vêtus, style Amazoniens. Ils bougent pas, ils observent. 
L’île est plus grande que ce que je croyais, la nature est verdoyante et dense. 
Je me rapproche d’eux dans des courbes volantes qui ne me permettent pas d’être vus d’eux. 
Mais ils me repèrent soudain et comme un seul homme me tirent des centaines de flèches qui s’élèvent comme des vagues d’oiseaux migrateurs. Je les évite, tente de me protéger en survolant l’île et sa forêt comme un oiseau souple et rapide. Certaines flèches me touchent sans m’affecter. 

Interprétation

L’île de Pâques est un lieu mystérieux qui représente le cadre où Benoît est en contact avec sa nature primitive, au centre de ses émotions (l’eau de l’océan). Et ce cadre naturel est là pour lui permettre de vivre en lui la résurrection du Christ, puisqu’il ne s’agit pas de n’importe quelle île, mais de celle de Pâques :

Jésus et le ressenti

Jésus a vécu pleinement sa nature d’homme à l’écoute du divin en lui, roi de son monde intérieur. Il a agit en toute liberté, en suivant ses mouvements intérieurs, à l’écoute de ses ressentis profonds.

Par exemple, le jour où la femme qui perdait du sang depuis 12 ans, touche son manteau pour être guérie, il le sent, et  demande « qui me touche ? ». Quand ses disciples lui font remarquer que tout le monde le touche, alors pourquoi remarquer celle-là, il répond qu’il a senti une énergie partir de lui. Nous voyons bien qu’il est attentif à ses ressentis et agit selon ce que ce ressenti lui dit.

Et il en est de même pour tout ce qu’il fait : il guérit aveugles, lépreux, paralytiques... parce qu’il est à chaque fois touché par leur histoire. Son enseignement est d’être vraiment à l’écoute de ce qui se passe en soi. Comme l’époque romaine était particulièrement violente et cruelle, il insiste pour demander aux hommes de considérer les autres hommes comme des frères, c’est à dire des êtres humains, capable de ressentir des émotions : un fond d’humanité commun.

Mais ensuite, il continue d’exprimer ses ressentis qui sont de toutes natures, et par exemple, à sa mère, il va dire : « Femme, ne me touche pas » : parce que ce n’est pas son moment. Il ne dit pas mère, parce qu’il ne parle pas à sa maman. Ainsi, il montre que l’autre peut aussi lui être étranger, c’est à dire qu’il n’y a pas de fusion avec l’autre : l’autre est différent. Lui se contente de respecter ce qui est juste pour lui.

Jésus continue de tenir compte de son ressenti en chassant les marchands du Temple. Il le fait même avec un fouet, il y met toute son énergie. Il n’est pas tendre non plus avec les pharisiens qu’il traite de tous les noms.

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Aussi, quand il dit « Arrière Satan ! », il réagit fortement en suivant son mouvement intérieur.

Il sait aussi se montrer vulnérable : au moment de la Crucifixion, il implore : « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »

On voit que Jésus exprime tout le registre des émotions humaines.

C’est après avoir vécu tout cela, jusqu’à la Crucifixion, après cette mort à lui-même, qu’il Ressuscite. En acceptant de mourir à ce qu’il était, il connait une nouvelle vie.

Suite de l’interprétation : expérience mystique

La statue a été sculptée par les habitants et représente leur Dieu.
Le fait qu’il n’y en ait qu’une parle de monothéisme. Benoît n’y prête pas vraiment attention, car cela ne lui parle pas beaucoup, il ne se sent pas vraiment concerné par la religion. Il l’a relégué dans un coin.
La tête est ce que l’on voit, on peut penser que le reste du corps est enfoui sous la terre. Ce qui est visible d’une religion, ce sont ses dogmes. Mais ce qui constitue le corps, l’émotion, l’affect est enfoui sous terre, invisible pour les yeux. Dieu se ressent, s’éprouve sans se prouver de façon scientifique.

Benoît est saisit par la beauté du lieu, sa puissance déstabilisante. Tous les termes qu’il utilise renvoient à une expérience mystique. Il dit en effet : océan pacifique infini, bleu ensoleillé somptueux, infinie beauté,  tournis, vertige, l’horizon de l’océan ondule. Les ondes vibratoires de l’énergie divine s’étendent jusqu’à l’horizon, c’est à dire qu’elles englobent le monde. Benoît les ressent au plus profond de lui, même s’il n’y prête pas vraiment attention. Il a seulement ressenti le sentiment d’être amoureux au réveil. On ne peut mieux l’exprimer.

Mais comment réagit Benoît : le doute

Benoît est cependant accompagné d’un personnage qui doute. Il ne sait pas s’il s’agit d’un homme ou d’une femme : s’agit-il d’une pensée ou d’un ressenti ? Qu’importe, il y a une part de lui qui doute qu’il s’agisse de l’île de Pâques, qui doute de l’expérience mystique, qui doute de la Résurrection.
Et qui se demande où sont les autres statues, où sont les autres Dieux. En effet Benoît est en contact avec de nombreuses cultures, il n’a pas de préférence pour tel ou tel Dieu. Et pourtant, le rêve lui montre que c’est la voie christique qui le touche, qui l’émeut, qui le fait vibrer à l’intérieur. Benoît reconnait avoir déjà vécu une expérience mystique, il y a longtemps.

Le rêve lui montre que c’est toujours d’actualité.

Celui qui est dans le contrôle ne se laisse pas chavirer. Il serait intéressant de savoir quel livre il consulte : un livre parle de connaissances déjà existantes : quel genre de connaissances ?
Il y a un contraste entre la connaissance livresque et le chavirement spirituel.

Forces  primitives

Alors il prend de la distance et du recul et découvre qu’en lui existent des forces primitives à l’écoute : des Samoas, des Maoris, des Amazoniens. Ces derniers sont plus fins que les Maoris, guerriers qui pratiquent le haka, danse pour défier l’ennemi. Cette danse a été reprise par une équipe de rugby. Elle dit à l’autre équipe : « tiens toi bien, tu ne perds rien pour attendre ». Benoît est plus fin qu’un guerrier Maori, il est plus nuancé, mais il possède en lui aussi cette énergie vigoureuse. Les Maoris aiment tirer la langue. On peut avec finesse répondre avec des réparties bien senties si l’on n’a pas les muscles.

 

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Envol mental

Mais il ne contacte pas directement sa force primitive combattante, qui sait riposter, Il le fait par des courbes volantes. C’est à dire des circonvolutions dans sa tête, au niveau de l’esprit, pour correspondre à un idéal. Il n’est pas du tout incarné dans son corps.
Les Maoris le laissent faire. Ils ne bougent pas, ils observent. Benoît pense qu’ils ne s’en aperçoivent pas, mais soudain ils lui décochent des flèches, des centaines de flèches.

Là, on entend un jeu de mots : centaine : sente haine : oui, il s’agirait que Benoît ressente de la haine. Cela lui permettrait de répondre de façon adéquate à ce qui l’a offensé. On peut dire que Benoît manque de réalisme. Il n’a pas les pieds sur terre, puisqu’il s’envole dans les idées, dans les conceptions des hautes sphères de l’idéal. Un idéal humaniste d’où la haine est exclue. Alors que la haine n’est que l’expression d’un rejet viscéral pour ce qui heurte, choque, va à l’encontre de ce qui tient à coeur.

Au lieu de cela il reste dans la douceur, la bienveillance, mais dans courbe, on peut entendre courber et courbettes. Il est obligé de courber devant l’oppression, de quelque nature quelle soit.

Mais lui n’en n’a cure et continue de planer, en cherchant à se protéger. Il n’est pas affecté, dit-il.

Les oiseaux migrateurs sont des oiseaux qui change de pays selon les saisons. C’est à dire que la réponse à donner doit être adaptée à ce qui se passe. Il faut être capable de changer de point de vue. Le rêve vient là réveiller Benoît, le secouer, lui faire prendre conscience qu’il lui faut expérimenter, comme le Christ, non seulement l’amour, mais aussi la haine. Etre à l’écoute de son ressenti profond, même si ce qu’il ressent le dérange. Même si ce qu’il ressent ne correspond pas à ses principes de bienveillance. Il sera alors en accord avec lui-même.

Conclusion

Le fait de s’envoler montre qu’il cherche à échapper à la réalité de la terre et à son corps. Son corps lui envoie des signaux, mais il évite de ressentir.
La résurrection pour lui sera d’accepter de sentir quand quelque chose le met en colère et trouver une réponse adaptée.

Il s’agit qu’il donne à sa vie une plus grande ampleur. Ce qui lui donnera aussi plus de profondeur, et plus de réelle humanité.

C’est là que l’on voit que même un homme qui ne se sent pas concerné par la religion peut recevoir des rêves initiatiques. Des rêves qui parlent du Christ, même s’il n’apparaît pas en personne. Le Christ est venu pour chacun de nous et parle à tous. Par l’entremise des rêves qui sont spirituels.

 

 

 

 

 

 

 

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