Quel rêveur êtes-vous ?

Publié le 5 août 2014 dans Articles, Généralités sur le rêve | 6 Commentaires

Et vous, quel rêveur êtes-vous  ?

Comment vous souvenez-vous de vos rêves : un peu, beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout ?

Marguerite

Voici quelques réflexions de rêveurs :

Peu de souvenirs :

« moi mes rêves, je m’en souviens un peu, de temps en temps, le week-end, quand je me réveille sans radio-réveil ou comme ça, parfois, la nuit, ça peut me réveiller, mais souvent, c’est très vague, je sais que je rêve, mais bon, je ne m’en souviens pas vraiment, mais je rêve à ce que je vis dans la journée, je vais au travail, bon, c’est vrai, je suis à la retraite. Mais les noter, pourquoi faire, ils n’ont rien de particulier « .

Voici un rêveur peu concerné par ses rêves : pour lui, c’est la routine, cela fait partie de son quotidien. Sans doute vit-il sa vie ordinaire sans se poser beaucoup de questions.

Un autre : « Oui, je rêve parfois. Cette nuit justement… mais non, c’est rien, c’est idiot, pas la peine que je vous raconte, c’est trop stupide, absurde, ça ne veut rien dire, totalement incohérent« 

Celui-là ne connait absolument pas la nature et le fonctionnement des rêves. Il a honte des images produites par son inconscient, comme s’il en était responsable. Non, ce n’est pas nous qui fabriquons les images de nos rêves, nous ne sommes pas responsables de leur apparence incohérente, car les rêves ont une logique bien à eux, différente de la notre.

Beaucoup de souvenirs :

« Mes rêves je m’en souviens, parfois même ils me réveillent la nuit, mais non, je ne les note pas,  ou alors de temps en temps, mais il faut vraiment qu’il y en ait un qui m’ait marqué. Non, simplement j’aime rêver : c’est vrai que quand je n’arrive pas à m’en souvenir, ça me préoccupe, j’ai l’impression de moins bien vivre ma journée. Je sais qu’ils sont des messages, oui, ils m’interpellent, et si l’occasion m’est donné j’en ferai peut-être interpréter un »

Voilà quelqu’un qui s’interroge, qui sent que les rêves ont quelque chose à lui dire, mais n’est pas encore prêt à faire une vraie démarche.

Un autre : « Je rêve beaucoup. Non, je ne les note pas tout le temps, seulement lorsqu’ils m’interpellent : là, je vais regarder dans les bouquins ou sur un forum : bon, on n’a pas toujours la réponse, mais c’est déjà des pistes : mais sur les forums, y’a plein de gens qui disent des choses contraires, pas toujours évident de s’y retrouver, y’en a carrément qui vous disent n’importe quoi. Mais bon c’est gratuit, c’est toujours bon à prendre »

Voici une personne qui déjà s’intéresse à ses rêves, a conscience qu’ils veulent lui dire quelque chose, mais a encore une démarche hésitante. Elle a une curiosité, mais pas une réelle prise au sérieux de la valeur de ses rêves, parce que comme elle le dit, sur un forum, c’est gratuit. C’est à dire que cela n’engage à rien, n’importe qui peut s’improviser interprète, ce qui veut dire que les interprétations sont le plus souvent du grand n’importe quoi, soumises à la subjectivité et aux à-priori des interprètes d’occasion, elles n’ont rien d’une véritable interprétation, sauf lorsqu’un véritable interprète vient sur un forum, ce qui est rare, et il n’interprétera pas les rêves de tout le monde.  Aller sur un forum est surtout une façon de se rassurer, de ne pas se sentir seul.  Mais on passera à côté du sens de son rêve, ce qui peut être très dommageable. Quand aux dictionnaires, la plupart sont ineptes, un ramassis d’idées toutes faites jamais applicables à votre rêve, certains, d’un niveau plus élevé, peuvent donner des pistes  : mais aucun dictionnaire ne donnera d’interprétation toute faite à votre rêve au scénario unique.

Un autre : « J’ai entrepris une thérapie et mon thérapeute me demande d’écrire mes rêves : mais bon, je suis déçu : mes rêves sont longs, j’ai du plaisir à les écrire, mais lui, il m’en dit juste deux mots,  et je reste sur ma faim : quand je lui demande pourquoi il ne m’en dit pas plus, il me répond que ça suffit, qu’on n’a pas le temps de voir le rêve en profondeur et de continuer la séance de thérapie, que le rêve n’est qu’un appoint »

Voilà quelqu’un qui a compris que le rêve avait des choses à lui dire, mais le thérapeute le fait remarquer à juste titre : il n’a pas le temps d’interpréter un rêve en profondeur et de mener sa séance de thérapie : le rêve demande une attention exclusive. Et cela ne sert à rien de survoler un rêve : c’est voler le rêveur qui lui voudrait comprendre. De toutes façons, le rêve est en lui-même une thérapie, à quoi bon rajouter une séance de thérapie traditionnelle : il serait plus judicieux d’interpréter d’abord le rêve à fond, puis établir avec le rêveur un plan de réalisation des conseils du rêve ! Là le thérapeute serait au service du rêve au lieu de l’utiliser comme un simple décor.

Souvenirs passionnés :

« J’adore rêver ! Je fais des rêves lucides, je m’entraîne, parce que c’est trop bien de décider de ce qu’on veut rêver. Bon, ça marche pas tout le temps, mais j’espère un jour y arriver. C’est mieux que de faire des cauchemars, on peut se défendre au moins, et ça m’aide pour répéter mes sauts périlleux : je me suis créé une salle dans laquelle je vais m’entraîner toutes les nuits, et  ça m’aide à répéter les mouvements pour les reproduire dans la réalité : c’est un bon entraînement ».

Il arrive à tout le monde de faire des rêves lucides, mais ne vouloir cultiver que cela pour en tirer un profit volontaire, c’est encore être tourné vers le monde extérieur et ne pas comprendre ce que le monde intérieur peut vraiment nous apporter, leur valeur thérapeutique. Si l’on veut améliorer ses compétences sportives, autant le faire en sophrologie, et laisser les rêves de la nuit nous enseigner autre chose pour notre gouverne.  Quand à vouloir éviter les cauchemars, mieux vaut un bon cauchemar de nuit qu’un cauchemar dans la réalité : puisque le cauchemar est un signal d’alarme.

« Ah les rêves, c’est ma seconde vie ! Quand je m’endors le soir, je me réjouis à l’idée de les retrouver. Mes rêves étaient si forts que j’ai vraiment cherché à les comprendre et là, j’ai la chance d’avoir rencontré un interprète valable avec lequel j’ai commencé une thérapie, et je suis stupéfaite de tout ce qu’ils me disent, me révèlent de moi-même, comme ils m’accompagnent, me suivent, veillent sur moi, et je peux leur poser des questions, ils répondent. on n’imagine pas la force, la grandeur, la majesté du rêve tant qu’on n’a pas fait la démarche. Et à quel point cela m’a transformé ».

Voilà une personne qui s’engage pour ses rêves, qui a vraiment envie de les comprendre, de les prendre en considération : elle a fait la démarche, elle en a pris la responsabilité. Elle sait qu’elle a beaucoup à apprendre de ses rêves, qu’ils sont le guide intégré à son intérieur et elle est prête à vivre l’évolution demandée par son monde intérieur, sans savoir où cela la conduit, en faisant confiance.

Souvenirs à la folie :

« Ah non, toutes les nuits je rêve et je m’en souviens. Je me souviens de tous mes rêves, et ça me réveille, et je dors mal : c’est épouvantable d’être submergé, de se sentir envahi. Ca me fatigue, ça m’handicape la journée, je ne sais plus où je suis, si je dors ou si je suis réveillé, une vraie folie ».

Là il s’agit d’une personne dont les rêves frappent à la porte à répétition, mais qui refuse de comprendre que les rêves sont des messages qui ont tant à lui dire. C’est un peu comme si sa maison était en flammes et que tous les voisins frappaient chez elle pour la prévenir du danger mais elle préfère se barricader chez elle en se demandant qui sont ces intrus. Si elle faisait la démarche de comprendre ses rêves, ils ne viendraient plus l’envahir de cette façon, et elle pourrait dormir tranquille.

Pas du tout de souvenir :

« ben non, je ne me souviens pas. Il parait que tout le monde rêve, mais non, ça ne me vient pas. Que je dorme avec un radio-réveil ou pas, je ne me souviens pas. Mais bon, moi le matin, je pense à ce que je vais faire, j’ai plein de boulot et j’ai pas le temps de toutes façons. Bon je dis pas que j’aimerais pas me souvenir, mais puisque ce n’est pas là, tant pis ».

Là il s’agit d’une personne surtout investie dans le monde extérieur, qui pour une raison ou une autre, s’est coupée de son monde intérieur.  Tant que tout se passe bien à l’extérieur pour elle, elle ne se posera pas de questions.  Ne pas se souvenir de ses rêves peut aussi survenir après un accident, par la prise de médicaments, il y a différentes raisons à cela.

Bon, bien sûr, j’ai un peu schématisé : il y a plein de cas particuliers et des nuances à apporter.

Et vous ? Comment vous souvenez-vous de vos rêves ? 

6 Commentaires

  1. L’homme qui rêve est un grand poète et quand il se réveille, il redevient un pauvre type.
    – Ernesto Sabato –

    • Oui, passer du rêve à la réalité, c’est du boulot pour incarner la vision ! Le rêve montre ce qu’il est possible d’atteindre, pas forcément ce qui est déjà là.

  2. Bonjour Aline,

    Merci pour cet article avec cette multitude d’exemples qui permettent de bien se situer.
    Apparemment, j’ai encore pas mal de boulot à faire : la plupart du temps, je ne me souvient pas du tout de mes rêves, sauf quelques rares fois où j’ai un souvenir très vague.
    C’est possible d’évoluer et de s’en rappeler clairement ? Ça demande beaucoup de travail ?

    Amicalement,

    Enzo

    • Il ne s’agit pas tant d’un travail intellectuel que du désir de s’en souvenir. Surtout pas de radio-réveil. Quand on n’a pas beaucoup de rêves, noter le souvenir vague peut être un début. J’en dirai plus dans le bonus à venir.

  3. Bonjour Aline,
    Merci pour cette longue description dans laquelle je me retrouve par petites touches. Moi je rêve certainement beaucoup mais je n’en ai que des souvenirs flous le matin que je n’arrive pas à écrire par manque de discipline je suppose, ou parce que mon sommeil est interrompu par les enfants … à moins que tu n’ais une astuce à me souffler pour être régulière…? Ou est-ce une ruse que je me joue pour ne pas affronter le pouvoir immense des messages de mon inconscient?

    • Et bien mettre un cahier à côté du lit avant de se coucher avec l’intention de se souvenir, puis au réveil essayer de se souvenir et noter, même des bribes. S’il y a des souvenirs flous c’est que les rêves sont là. Mais s’ils sont toujours flous sans jamais former une image précise, il est possible qu’il s’agisse d’une fuite, mais ne pas non plus se fustiger : laisser venir en étant décidée à noter.

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